Des compétences éparpillées, évaporées, privatisées ?

Qu’adviendrait-il des politiques menées par le Conseil départemental s’il disparaissait de l’organisation des pouvoirs locaux en Île-de- France ? Sur le sujet, le président Macron avait indiqué son souhait que les métropoles prennent en charge « les attributions des conseils départementaux », ajoutant que « c’est un gain d’efficacité, ce sont de vraies économies ». Dans le cas de l’action sociale, l’objectif apparaît totalement illusoire, aussi bien sur le plan des dépenses que de l’efficacité de gestion. Le montant du revenu de solidarité active (RSA), par exemple, est fixé par l’État, les départements étant chargés de son versement et du suivi des allocataires. En termes d’efficacité, une politique telle que la protection de l’enfance pose également question. Elle suppose de forts liens avec les acteurs de terrain. Or, comment pourrait-elle s’améliorer en étant déployée à l’échelle de la métropole du Grand Paris, soit 7,5 millions d’habitants ?


foyer de l'enfance à Sucy-en-Brie - Photo : D. Calin

D’autres actions, comme la restauration scolaire dans les collèges, pourraient intéresser les grands groupes privés. Et, concernant les crèches, si elles étaient transférées aux communes, certaines pourraient décider de les confier à des acteurs privés qui changeraient la politique tarifaire. Un moyen aussi pour l’État d’atteindre l’objectif énoncé par Emmanuel Macron de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires en cinq ans. Quant aux collèges, s’ils étaient transférés à la Région qui gère déjà les lycées, la seule source significative d’économies consisterait à revoir les ambitions à la baisse en matière d’entretien du bâti et de construction d’établissements neufs. Et pour les politiques publiques volontaires comme, par exemple, le don d’ordinateurs aux collégiens ou le remboursement à 50 % de la carte Imagine R, l’évaporation pure et simple est le scénario le plus probable…