Conférence des territoires : de nouveaux dangers en perspective pour les services publics de proximité !

CRETEIL, le 19 JUILLET 2017

Le Gouvernement a annoncé une nouvelle baisse des dépenses publiques des collectivités de 13 milliards d’euros d’ici 2022. Alors que les collectivités enregistrent depuis des années des baisses considérables de dotations de l’Etat, le nouveau Président de la République prône la continuité et l’austérité aveugle, encore et toujours.

Cette annonce fait fi des réalités.

Les collectivités ne sont pas responsables de l’augmentation de la dette du pays, c’est bien l’Etat qui creuse à lui seul 90% de cette dette. Par ailleurs, les dépenses obligatoires de nombreuses collectivités, dont les Départements, progressent en raison des choix nationaux, je pense singulièrement aux dépenses d’action sociale sous le poids de la crise économique.

Je m’inquiète des conséquences de ces nouvelles vagues de confiscation de moyens pour les services publics de proximité. Pour notre seule collectivité, la perte sèche supplémentaire avoisinerait 30 millions d’euros par an, avec un effet cumulatif jusqu’en 2022. C’est insoutenable !

La recentralisation des allocations de solidarité voulue par le Président de la République répond à une demande récurrente des Départements confrontés à la non-compensation de l’Etat de dépenses pourtant obligatoires et vitales. Je serai vigilant quant aux modalités de cette recentralisation qui ne pourra en rien servir de prétexte à la suppression davantage de moyens aux Départements.

Aux côtés d’une diminution des effectifs voulue par le Gouvernement, la baisse des dépenses publiques va considérablement affecter le travail des agents et la réactivité du service public territorial. Je m’inquiète des propos tenus à l’encontre de la fonction publique territoriale.

Pointer la réalité des heures travaillées en parlant « d’archaïsme » constitue un affront à la réalité de la fonction publique territoriale, à sa diversité et à la pénibilité de nombreux métiers qui la compose.

Enfin, le Président de la République a annoncé la tenue à l’automne 2017 d’une conférence territoriale du Grand Paris. Il a promis une concertation approfondie pour revoir l’organisation territoriale du Grand Paris.

En tant qu’élu local, je ne suis en rien opposé au débat et salue cette volonté de dialogue. En revanche, je refuserai toute modification qui serait contraire à l’intérêt des habitants et du service public. Je suis convaincu, à l’expérience, de la pertinence de l’échelon départemental y compris en zone urbaine.

L’intérêt des habitants doit guider ce travail. Ils ne peuvent pas en être tenus à l’écart. Je souhaite qu’un très large débat public s’instaure car la vie quotidienne de tous les Val-de-Marnais est concernée par ces évolutions majeures.

 

Christian FAVIER 
Sénateur 
Président du Conseil départemental